Vivre de sa passion pour les animaux, organiser ses journées librement, travailler dehors plutôt que derrière un bureau : le métier de pet sitter attire de plus en plus de reconversions. Mais entre l’attestation de connaissances, le choix du statut et les premières démarches, il est facile de s’y perdre. Voici le parcours complet, étape par étape, pour devenir pet sitter professionnel en France.
Pet sitter, c’est quoi exactement ?
Le pet sitter (littéralement « gardien d’animaux ») prend soin des animaux de compagnie en l’absence de leurs propriétaires. Selon les prestations proposées, le métier recouvre plusieurs réalités :
- Visites à domicile : nourrir, changer la litière, jouer avec un chat ou un NAC chez le client ;
- Promenade de chiens (dog walking), à l’unité ou en forfait hebdomadaire ;
- Garde à domicile : le pet sitter s’installe chez le client (home sitting) ou passe plusieurs fois par jour ;
- Accueil en famille ou pension : les animaux sont hébergés chez le professionnel.
Cette distinction n’est pas qu’une question de vocabulaire : les obligations réglementaires ne sont pas les mêmes selon que vous gardez les animaux chez leurs propriétaires ou chez vous.
L’ACACED : le sésame indispensable
Pour exercer à titre commercial une activité de garde de chiens ou de chats, le code rural (article L214-6-1) impose de justifier de connaissances relatives aux besoins des animaux. Concrètement, la voie la plus courante est l’ACACED (Attestation de Connaissances pour les Animaux de Compagnie d’Espèces Domestiques) :
- une formation courte dispensée par un organisme habilité par le ministère de l’Agriculture, suivie d’une évaluation par QCM ;
- trois catégories possibles — chien, chat, autres animaux de compagnie — à choisir selon les espèces que vous garderez (beaucoup de pet sitters passent chien + chat) ;
- une actualisation des connaissances à prévoir tous les 10 ans.
Certains diplômes (notamment agricoles ou vétérinaires) dispensent de l’ACACED : la liste exacte est fixée par arrêté, renseignez-vous auprès de votre DRAAF si vous avez déjà une formation animalière. Pour tout le détail — durées, QCM, prix, dispenses, actualisation —, lisez notre guide complet de l’ACACED.
💡 Affichez votre ACACED sur vos profils et devis : c’est un vrai argument de confiance auprès des propriétaires, et l’un des premiers critères que les clients regardent dans un annuaire.
Pension chez vous ? Des obligations en plus
Si vous accueillez des animaux à votre domicile (pension, famille d’accueil), vous devez en plus déclarer votre activité auprès de la DDPP (Direction Départementale de la Protection des Populations) de votre département et respecter des règles sanitaires et d’installation : espaces adaptés, registre des entrées et sorties, règlement sanitaire. Une visite de conformité est possible. Pour de la garde uniquement chez les clients, cette déclaration n’est pas requise — l’ACACED, elle, reste nécessaire.
Choisir son statut : la micro-entreprise en tête
La grande majorité des pet sitters démarrent en micro-entreprise (auto-entrepreneur), et pour de bonnes raisons :
- création gratuite et rapide via le guichet unique des formalités d’entreprises ;
- comptabilité ultra-simplifiée (un livre des recettes suffit) ;
- cotisations sociales calculées en pourcentage du chiffre d’affaires réellement encaissé — pas de CA, pas de cotisations ;
- franchise en base de TVA sous les seuils en vigueur (article 293 B du CGI) : vous facturez sans TVA, avec la mention dédiée sur chaque facture.
La garde d’animaux pour particuliers est une activité de prestation de services commerciale. Lors de votre immatriculation, vous déclarerez une activité de type « garde d’animaux de compagnie ». Vérifiez les taux de cotisations et seuils à jour sur les sites officiels (URSSAF, service-public.fr) : ils évoluent régulièrement.
À noter : les services à la personne (avec avantage fiscal pour vos clients) ne couvrent la garde d’animaux que pour les personnes dépendantes. Si c’est votre cible, une déclaration SAP spécifique s’ajoute.
L’assurance : indispensable en pratique
Aucun texte n’impose une assurance spécifique au pet sitting, mais une responsabilité civile professionnelle (RC pro) couvrant la garde d’animaux est indispensable en pratique : un chien qui mord un passant, un chat qui s’échappe, un dégât chez un client… Les propriétaires sérieux la demandent, et certains contrats d’assurance habitation du client ne couvrent pas le professionnel. Comptez généralement entre 100 et 300 € par an selon les garanties.
Fixer ses tarifs et trouver ses premiers clients
Avant de vous lancer, construisez une vraie grille tarifaire : promenade simple, visite à domicile, garde avec nuit, forfaits… Notre guide Tarif pet sitting : quels prix pratiquer ? détaille les fourchettes constatées et la méthode de calcul pour ne pas travailler à perte.
Pour les premiers clients, les canaux qui fonctionnent le mieux :
- le bouche-à-oreille local : vétérinaires, toiletteurs, animaleries, commerçants de quartier ;
- une page de réservation en ligne à votre nom, que vous partagez sur vos réseaux et sur Google — plus professionnel qu’un simple numéro de téléphone ;
- les annuaires spécialisés de pet sitters professionnels ;
- les groupes locaux sur les réseaux sociaux, en soignant photos et avis clients.
S’équiper dès le départ : gagner un temps précieux
Beaucoup de pet sitters démarrent avec un carnet et des factures Word — et se retrouvent vite débordés entre les plannings, les consignes de chaque animal et la paperasse. Un logiciel de gestion pour pet sitter centralise tout dès le premier jour : fiches clients et animaux, agenda, devis et factures conformes, contrats de garde avec signature électronique, et même la réservation en ligne pour vos clients — sans commission sur vos gardes. C’est aussi ce qui donne d’emblée une image professionnelle qui vous démarque.
Le récap’ : votre checklist de lancement
- Passer l’ACACED (chien, chat, et/ou autres espèces) ;
- Créer sa micro-entreprise sur le guichet unique (activité : garde d’animaux de compagnie) ;
- Déclarer l’activité à la DDPP si vous hébergez des animaux chez vous ;
- Souscrire une RC professionnelle ;
- Construire sa grille tarifaire et son contrat de garde (voir notre guide du contrat de garde) ;
- Mettre en place son outil de gestion (facturation, agenda, réservation en ligne) ;
- Activer le bouche-à-oreille local et les annuaires.
Les informations réglementaires de cet article sont données à titre indicatif (juillet 2026) : vérifiez toujours les textes et seuils en vigueur sur les sites officiels avant de vous lancer.