Impossible de devenir pet sitter professionnel sans croiser ce sigle : l’ACACED. C’est la voie la plus courante pour remplir l’obligation de qualification exigée pour garder des chiens et des chats à titre commercial en France — et souvent l’une des premières questions que posent les clients attentifs. Formation, examen, prix, validité, dispenses : voici le guide complet, sans jargon.
L’ACACED, c’est quoi exactement ?
L’ACACED est l’Attestation de Connaissances pour les Animaux de Compagnie d’Espèces Domestiques. Elle découle des articles L214-6-1 et suivants du code rural, qui imposent de justifier de connaissances sur les besoins biologiques, physiologiques, comportementaux et l’entretien des animaux pour exercer certaines activités à titre commercial :
- la garde de chiens et de chats (pet sitting, pension) ;
- l’élevage de chiens et de chats, la vente d’animaux de compagnie ;
- l’éducation et le dressage ;
- la présentation au public.
Concrètement : si vous facturez des gardes de chiens ou de chats — même en micro-entreprise, même à temps partiel — vous êtes concerné. La garde occasionnelle non rémunérée entre particuliers, elle, ne l’est pas. Côté équipe : la loi exige qu’au moins une personne en contact direct avec les animaux soit qualifiée — si vous travaillez seul, c’est donc vous.
Les trois catégories : laquelle choisir ?
L’ACACED se décline en trois catégories, cumulables :
| Catégorie | Espèces couvertes | Pertinente si… |
|---|---|---|
| Chien | Chiens | Promenades, garde de chiens, pension canine |
| Chat | Chats | Cat sitting, visites à domicile, pension féline |
| Autres animaux de compagnie | Espèces domestiques hors chiens/chats (rongeurs, lapins, furets, certains oiseaux…) | Garde de petits animaux domestiques |
La plupart des pet sitters passent chien + chat d’emblée : le surcoût est modeste par rapport à deux sessions séparées, et cela évite de refuser des clients. Ajoutez la catégorie « autres animaux de compagnie » si vous visez aussi lapins, rongeurs et oiseaux — une clientèle moins disputée. Deux précisions : cette catégorie ne couvre que les espèces domestiques (les reptiles, perroquets et autres espèces non domestiques relèvent d’un certificat de capacité préfectoral distinct) ; et l’obligation légale de qualification vise la garde des chiens et des chats — pour la garde seule de petits animaux, l’ACACED n’est pas exigée par les textes, mais reste un vrai gage de sérieux.
La formation : durée, contenu, déroulement
La formation se suit auprès d’un organisme habilité par le ministère de l’Agriculture (la liste officielle est publiée par le ministère et les DRAAF régionales — méfiez-vous des sites commerciaux non habilités). Depuis le 1er janvier 2025 (arrêté du 26 novembre 2024), la durée réglementaire dépend du nombre de catégories : 17 heures pour une catégorie (environ 2 jours et demi), 21 heures pour deux, 25 heures pour trois. Selon les organismes, elle se déroule en présentiel ou à distance en classe virtuelle.
Le programme couvre huit domaines réglementaires :
- Alimentation : besoins nutritionnels, rations, erreurs courantes ;
- Comportement : signaux, stress, sociabilisation — le cœur du métier de pet sitter ;
- Logement : espaces, hygiène, enrichissement ;
- Droit : obligations du détenteur, identification, réglementation des activités ;
- Santé animale : prévention, signes d’alerte, premiers gestes ;
- Reproduction et sélection ;
- Transport des animaux.
L’examen : un QCM, un seuil, une seconde chance
La formation se conclut par une évaluation par QCM sur ordinateur : 30, 45 ou 60 questions au total selon que vous passez une, deux ou trois catégories, en 30 à 60 minutes. Le seuil de réussite est de plus de 60 % de bonnes réponses au total — et, si vous passez plusieurs catégories, d’au moins 45 % dans chacune. En cas d’échec, un repassage est prévu par l’organisme. Une fois le QCM réussi, votre attestation est délivrée via la DRAAF — conservez-la précieusement, elle vous sera demandée.
💡 Le QCM n’est pas un piège : il se prépare bien en suivant réellement la formation. Prévoyez un temps de révision sérieux sur le comportement et la santé animale, les thèmes les plus fournis du programme.
Combien coûte l’ACACED ?
Comptez généralement entre 250 et 450 € selon l’organisme, la région et le nombre de catégories (davantage pour les trois). Côté financement : l’ACACED est enregistrée au Répertoire spécifique de France compétences (fiche RS7613, qui succède à la RS5650) et donc éligible au CPF chez les organismes référencés sur Mon Compte Formation — avec un reste à charge forfaitaire (102,23 € en 2026), sauf pour les demandeurs d’emploi. Une prise en charge peut aussi exister via France Travail (demandeurs d’emploi), votre fonds d’assurance formation (AGEFICE ou FIFPL) si vous êtes déjà indépendant, ou votre OPCO si vous êtes salarié — demandez à l’organisme avant de payer. Côté rentabilité, intégrez ce coût à votre calcul de lancement : en micro-entreprise, il n’est pas déductible individuellement (l’administration applique un abattement forfaitaire) — une déduction réelle n’est possible que sous un régime réel d’imposition. C’est en revanche un argument commercial permanent.
Validité : 10 ans, puis actualisation
L’attestation impose une actualisation des connaissances tous les 10 ans, via une formation courte de mise à jour (7 heures minimum) auprès d’un organisme habilité, à suivre avant l’échéance. Notez-la quelque part de fiable — dix ans, c’est long, et une attestation périmée vous remet en infraction (jusqu’à 30 000 € d’amende après mise en demeure, article L215-10 du code rural).
Qui est dispensé ?
Vous n’avez pas besoin de passer l’ACACED si vous détenez déjà :
- l’ancien certificat de capacité (CCAD) délivré avant 2016 — il reste valable, avec la même logique d’actualisation ;
- un diplôme, titre ou certificat figurant sur la liste fixée par arrêté du ministère de l’Agriculture (certains diplômes agricoles et animaliers inscrits au RNCP et délivrés depuis 2007, notamment).
L’expérience seule ne dispense pas : les textes ne prévoient aucune équivalence directe « par expérience ». Elle peut en revanche jouer indirectement, via une VAE (validation des acquis de l’expérience) aboutissant à l’un des diplômes de la liste.
En cas de doute, un email à la DRAAF de votre région avec la copie de votre diplôme vous évitera de payer une formation inutile.
Vos démarches, dans l’ordre
- Choisissez vos catégories (chien + chat pour la plupart des pet sitters) ;
- Trouvez un organisme habilité via la liste officielle du ministère de l’Agriculture, comparez prix et modalités (présentiel/distanciel) ;
- Suivez la formation et réussissez le QCM ;
- Recevez votre attestation (via la DRAAF) et archivez-la ;
- Déclarez votre activité de garde auprès de l’administration (téléservice Base nationale des opérateurs pour les chiens, chats et furets ; votre DDPP vous orientera) : l’ACACED seule ne suffit pas à être en règle ;
- Enchaînez sur les autres étapes du lancement : création de la micro-entreprise, assurance RC pro, contrat de garde — notre guide Comment devenir pet sitter les détaille toutes.
Après l’ACACED : faites-la travailler pour vous
Trop de pet sitters rangent leur attestation dans un tiroir. C’est pourtant un actif commercial :
- affichez-la sur votre profil public, vos devis et vos contrats — c’est un critère de choix décisif pour les propriétaires ;
- mentionnez-la dans votre contrat de garde avec votre assurance RC pro : le duo qui rassure ;
- valorisez-la dans les annuaires : sur LogiPetPro, votre profil public et votre page de réservation vous permettent de présenter votre parcours et vos attestations dans votre présentation, à côté de vos prestations et de vos avis clients (voir les fonctionnalités du logiciel).
Informations vérifiées au 19 juillet 2026 (arrêté du 26 novembre 2024 en vigueur depuis le 1er janvier 2025), à titre indicatif : durées, seuils et listes de dispenses relèvent d’arrêtés qui évoluent — vérifiez les textes en vigueur auprès du ministère de l’Agriculture et de votre DRAAF avant de vous inscrire.